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Les moyens de défense en diffamation au Canada : justification, commentaire loyal, immunité

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Les moyens de défense en diffamation au Canada : justification, commentaire loyal, immunité

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le commentaire loyal et la communication responsable?

Le commentaire loyal protège une opinion véritablement défendue, reconnaissable comme telle, sur une question d'intérêt public, évaluée selon qu'une personne quelconque pourrait honnêtement la soutenir à partir des faits prouvés (WIC Radio Ltd. v. Simpson, 2008 CSC 40). La communication responsable protège une affirmation de fait sur une question d'intérêt public lorsque l'éditeur a fait preuve de diligence pour tenter de la vérifier avant de la publier (Grant v. Torstar Corp., 2009 CSC 61).

Des excuses constituent-elles une reconnaissance de faute au Canada?

Non, en vertu de l'Apology Act de la Colombie-Britannique et de l'Apology Act de l'Ontario, des excuses ne constituent pas une reconnaissance de faute ou de responsabilité et ne sont pas admissibles en preuve de faute. La loi ontarienne ajoute une exception pour des excuses présentées en cours de témoignage dans le cadre d'une instance civile, exception que la loi de la Colombie-Britannique ne comporte pas.

La vérité peut-elle, à elle seule, faire échec à une poursuite en diffamation au Canada?

Oui, la justification, le moyen de défense fondé sur la vérité, demeure un moyen de défense pleinement applicable, confirmé par la Cour suprême du Canada dans Grant v. Torstar Corp., 2009 CSC 61, par. 136, où elle est mentionnée aux côtés du commentaire loyal et de la communication responsable comme moyens offerts sur les faits de cette affaire.

Qu'est-ce qui fait échec aux moyens de défense de commentaire loyal et de communication responsable?

La preuve que le défendeur était animé d'une malveillance expresse fait échec aux deux moyens de défense, comme l'a confirmé la Cour suprême pour le commentaire loyal au paragraphe 28e) de WIC Radio Ltd. v. Simpson et pour la communication responsable au paragraphe 125 de Grant v. Torstar Corp.

L'immunité ontarienne pour les comptes rendus judiciaires est-elle vraiment absolue?

La Libel and Slander Act qualifie d'« absolument privilégié », à l'article 4(1), un compte rendu contemporain et sans commentaire d'une instance judiciaire, mais ce même article conditionne cette immunité au fait de ne pas refuser de publier la déclaration raisonnable d'explication ou de contradiction du demandeur, une condition que l'immunité absolue classique ne comporte pas.

Les moyens de défense en matière de diffamation fonctionnent-ils de la même façon au Québec?

Non, le régime de droit civil du Québec est fondé sur la faute plutôt que sur la présomption, et ne recourt pas aux catégories de justification, de commentaire loyal ou de communication responsable décrites dans cet article. Consultez l'article sur le régime de diffamation du Québec pour en connaître les différences.

Qu'est-ce qui protège une personne qui partage ou établit un lien vers la publication diffamatoire d'autrui?

La diffusion de bonne foi peut protéger une partie qui n'avait aucune connaissance réelle du libelle, aucun avis de circonstances qui auraient dû l'alerter, et qui n'a fait preuve d'aucune négligence en omettant de le découvrir. Consultez l'article sur la diffamation en ligne au Canada pour le critère complet.

Sources et références

  1. Cour suprême du Canada : Grant v. Torstar Corp., 2009 CSC 61(decisions.scc-csc.ca).gov
  2. Cour suprême du Canada : WIC Radio Ltd. v. Simpson, 2008 CSC 40(decisions.scc-csc.ca).gov
  3. Ontario e-Laws : Libel and Slander Act, RSO 1990, c. L.12(www.ontario.ca).gov
  4. BC Laws : Apology Act, SBC 2006, c. 19(www.bclaws.gov.bc.ca).gov
  5. Ontario e-Laws : Apology Act, 2009, SO 2009, c. 3(www.ontario.ca).gov
  6. Cour suprême du Canada : Prud'homme v. Prud'homme, 2002 CSC 85(scc-csc.lexum.com).gov
  7. Cour suprême du Canada : Crookes v. Newton, 2011 CSC 47 (renvoi croisé sur la diffusion de bonne foi)(decisions.scc-csc.ca).gov
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